samedi 5 août 2017

Balade au bord de l'eau - Episode 5

L’homme qui rentrait dans l’eau était en plein contre-jour.
Elle le regardait s'avancer et se servait de ses bras pour équilibrer son corps basculé sur le dos dans l’eau qui la portait.
La situation était gênante mais le mélange de honte et d’excitation qu’elle ressentait depuis une demi-heure lui plaisait. Cette sensation lui avait permis de franchir des limites qu’elle n’avait jamais osé dépasser jusqu’à cette rencontre.
Enfin, il était là.
-       Bonjour Mademoiselle
Sa voix était joueuse et calme.
-       Bonjour Monsieur
Mona était rassurée, l’homme avait une allure séduisante, ses traits étaient fins et sa musculature entretenue. Mais ce qui la réjouissait le plus, c’était ses bras et les veines apparentes qu’on pouvait y observer. C’était irrationnel, elle fondait à chaque fois qu’elle apercevait ce genre de relief et là, elle était servie.
-       Avez-vous aussi bien exécuté votre dernier exercice que les précédents ? dit l’homme en levant le bras pour ajuster ses lunettes de soleil.
-       Pas vraiment, grimaça Maude plongée dans l’exploration visuelle de la veine qui serpentait le long de son bras droit.
-       C’est fâcheux, ça.
-       C’est de votre faute aussi, vous m’avez fait douter, je me suis dit que vous ne viendriez peut-être pas.
-       Vous avez eu tort, vilaine.
-       C’est vrai, j’en suis consciente. Ce « vilaine » venait de claquer dans son bas ventre.
-       Que pensez-vous de la situation ?
-       J’ai l’impression de flotter dit-elle en riant
-       Dans l’eau, rien d’étonnant !
-       Sauf que là c’est dans ma tête que ça dérive, je suis nue avec un inconnu qui me fait faire des exercices étranges, dit-elle en riant encore pour masquer son malaise.
-       Mais vous n’avez pas fait le dernier.
-       Si je l’ai fait un peu avant que le doute ne surgisse.
-       Est-ce que cela veut dire une vous vous êtes masturbée le regard tourné vers la plage ?
-       Oui
-       Mais vous avez stoppé ensuite
-       En effet
-       Un exercice avorté, cela m’obligera à vous punir.
Mona détourna la tête. Elle ne riait plus, trop concentrée pour dissimuler les effets que cette affirmation venait de convoquer. 
-       Avez-vous déjà été punie, Mona ?
-       Non, répondit-elle après un temps d’hésitation.
-       Et bien vous le serez ce soir.
-       Ce soir ? ou ça ?
-       Chez moi
-       Mais on ne se connaît qu’à peine.
-       Est-ce une raison pour ne pas recevoir ce que vous avez mérité ?
Elle ne répondit rien, l’idée de cette punition avec cette homme lui plaisait.
Il ajouta :
-       Allons faire connaissance autour d’un verre, il y a, pas loin d’ici, une paillotte, dit-il en tendant le bras vers une cabane turquoise sur pilotis.  
Elle le suivi. Elle avait l’impression d’être à la dérive sur un grand fleuve. A chaque circonvolution elle découvrait quelque chose. Mais elle ignorait encore tout du delta où elle rencontrerait l’océan….



mercredi 12 juillet 2017

Balade au bord de l'eau - Episode 4

La plage était bondée. Rien d’anormal, il faisait chaud, c’était le début de l’été et la température de l’eau flirtait avec les records de la saison.
Mona était joueuse, je l’avais senti dès nos premiers échanges. Son caractère affirmé imposait qu’on sache lui suggérer le plaisir des choses avant de les lui imposer. 
ça tombait bien, j’aimais murmurer à l’oreille des vilaines afin qu’elles dansent comme des papillons autour de la flamme qui embraserait bientôt leur petite forge à fantasmes.

En matière de fantasme, je classais les gens en trois groupes.
Ceux qui ont des fantasmes enfouis dans les limbes de leur lobe frontal mais qui, surement gouvernés par un surmoi disproportionné, n’en ont pas conscience. Ceux-là vivent très bien, à l’abris du désir impérieux et de la nécessité qui convoque les autres.
Il y a ceux qui ont conscience de leurs fantasmes et de leurs envies parfois ancrés dans leurs premiers émois mais qui, pour des raisons d’éducation ou de moralité, restent orphelins de ces désirs inavouables. Mais un jour, la providence d'une rencontre les pousse à la lisière des bois pour y faire, comme Mona prochainement, leur coming-out.
Enfin, il y a ceux qui ont apprivoisé leurs fantasmes et qui les nourrissent ou les affament pour mieux les explorer. Parce que ces fantasmes sont vivants, ils évoluent, ils changent au gré des expériences et des rencontres.

J’avais les yeux embrochés sur le cul de Mona pendant nos premiers échanges de textos.
Elle se soumit à mes exercices avec une humeur joyeuse et complaisante.
Ça commençait bien.
Je notais avec amusement que l’écartement de ces jambes, maintenues bien ouvertes sur son sexe, avait mis en alerte maximale un grand brun à ma gauche, un blondinet qui jouait d’inventivité pour profiter de cette situation malgré sa femme qui dormait sous un parasol à côté et un opportuniste qui s’était allongé pas loin de Mona et faisait semblant de lire avec des grands airs d’intellectuel.
Il ne fallait pas que je laisse Mona trop longtemps seule dans cette situation si je ne voulais pas que le jeu m’échappe.
Elle avait joué avec son périnée et son entrecuisse en suivant mes consignes.
Puis elle était allée dans l’eau pour s’y caresser en cachette, toujours à ma demande.
J'avais découvert sa silhouette qui ne laissait pas indifférent. 
Sa poitrine n’avait rien à envier à ses fesses. Son visage était mangé par des lunettes de soleil et son chapeau de paille disciplinait une partie de ses longs cheveux denses.

Maintenant elle regardait le rivage avec des allures sages et oisives.
Qui donc pouvait deviner ce qui se jouait plus en profondeur, pendant que d’une main elle se fouillait furtivement et que de l’autre elle pinçait machinalement le bout d’un sein, comme elle avait pris l’habitude de le faire quand elle se masturbait seule.

Je la laissais aller au bout de son exercice avant de me lever d’un coup pour aller la rejoindre….

mardi 11 juillet 2017

Balade au bord de l'eau - Episode 3

La notification du sms la fit sursauter. Pourtant elle fixait le téléphone depuis plus d’une minute.
-       Bonjour Mademoiselle
-       Bonjour Monsieur 
Ils s’interpellaient toujours d’un « Mademoiselle » ou d’un « Monsieur » et ce petit côté solennel, dans l’intimité de leurs échanges, lui plaisait.
On ose dire bien des choses quand on les ponctue avec ce genre de civilité.
L’inconvenant, drapé de politesses, devient parfois un chant envoutant.
-       Votre chapeau est du plus bel effet
-       Ou êtes-vous ?
-       Derrière vous mais ne vous retournez pas
-       Vous ne venez pas me rejoindre ?
-       Pas encore
-       Quand ?
-       Quand vous aurez fait vos exercices
-       Quels exercices ?
-       Des exercices simples
-       Vous viendrez ensuite ?
-       Oui
-       C’est un examen de passage alors ?
-       L’examain est pour plus tard
-       Et bien je suis à votre disposition alors !
-       Ne me flattez pas avec des phrases pareilles
-       Rire, que voulez-vous que je vous dise d’autre, j’attends mes exercices, Monsieur !
-       Une première de la classe ?
-       Toujours !
-       Exercice 1 : Obéissance. Etes-vous prête ?
-       Je crois…
-       Allez-vous vous appliquer ?
-       Oui Monsieur ! (sourire)
-       Parfait. Soyez sage et Obéissante, ne répondez plus à mes textos avant la fin de vos exercices !
-       Commencez par serrer les cuisses
Après une légère hésitation, elle colla ses jambes.
-       Bien. Cambrez-vous !
-       Parfait. Forcez encore sur votre cambrure
-       Quel cul !
-       Contractez doucement votre périnée en comptant lentement jusqu’à 10. Relâchez ensuite.
L'exercice était étrange, incongru et pas si simple à réaliser. Elle s'appliqua.
-       Maintenant frottez imperceptiblement les cuisses l’une contre l’autre
Elle obéit dans un mouvement presqu’invisible mais elle sentait tout son sexe réagir
-       Stop
Mona s’appliquait, elle se prenait au jeu et ressentait une troublante envie de bien faire.
-       Contractez à nouveau votre périnée et comptez jusqu’à 10
-       Frottez vos cuisses à nouveau.
-       Stop
Ces exercices secrets en public étaient excitants et elle s’appliquait pour ne pas se trahir, ballotée entre la peur d’être vue et l’excitation d’oser les faire sur la plage.
Après avoir effectué cinq fois l’enchainement précédent, elle lut une nouvelle instruction.
-       Ecartez les cuisses, Mademoiselle
Le salaud ! Il savait.
Elle hésitait
-       Je ne veux pas avoir à le redire, Mona.
Elle obéit en écartant légèrement les cuisses.
-       Ouvrez-les plus encore, Mademoiselle
Elle força sur l’ouverture de ses jambes. L’air marin lui léchait l’entrecuisse.
-       Ne bougez plus
Elle passa dix minutes dans cette position avec l’impression que la plage toute entière observait le sexe distendu qu’elle exhibait et qui salivait honteusement.
Il reprit enfin :
-       Parfait. Fin de l’exercice.
Elle enferma son sexe en rapprochant les jambes. La discussion reprit
-       Vous mouillez, Mademoiselle ?
-       Vous le savez très bien.
-       Vous mouillez, Mademoiselle ?
-      
-       Vous mouillez, Mademoiselle ?
-       Oui
-       Vous mouillez, Mademoiselle ?
-       Oui, Monsieur !
-       Bien ! vous venez d’avoir 16/20 à votre exercice d’Obéissance. Vous êtes reçue !
-       Vous me rejoignez ?
-       Pas encore…
-       Vous exagérez !
-       Encore un exercice Mademoiselle et je vous rejoins.
-       Vous êtes méchant !
-       Oui, Monsieur Méchant, même ! Prête ?
-       Non !
-       Ne me poussez pas à inaugurer votre carnet de punition.
-       Mon carnet de punition ?
-       Oui….
-       Je ne savais pas que j’en avais un
-       Vous le savez maintenant. Prête ?
-       Vous êtes vraiment méchant ! oui, prête !
-       Exercice 2 : Récompense
-       Aaaaaaah, une récompense !
-       Oui, un 16/20 mérite une récompense
-       Quelle est ma récompense ?
-       Vous avez la permission de vous fouiller puisque vous mouillez et que vous avez été sage.
-       Sur la plage ? vous plaisantez !
-       Non pas sur la plage.
-       Ou ?
-       Vous vous dévergonderez dans l’eau.
-       Mais on va me voir !
-       Faites-en sorte du contraire.
-       Et si je jouis ?
-       Vues les circonstances, il y a peu de chance que ça arrive.
-       Peu de chance ?
-       Le stress du monde autour. Mais quand bien même vous arriveriez à en faire abstraction, vous n’en avez pas la permission. Pour se fouiller et jouir, il faut un 18/20 !
-       Vous êtes dur !
-       Actuellement ? oui, terriblement !

En se relevant lentement, Mona, légèrement irritée, prit soin de regarder furtivement derrière elle. Difficile de repérer ce « Méchant » parmi les couples et les hommes qui s’était amassés depuis tout à l’heure.
En rentrant dans l’eau, elle se dit qu’il avait intérêt à venir vite.
Elle s’était mise en danger publiquement et ne comptait pas continuer à faire la part belle à cet inconnu si troublant soit-il !
Elle disparut progressivement en s’enfonçant dans l’eau jusqu’aux épaules.
Puis le chapeau de paille pivota, dévoilant les montures rondes des lunettes de soleil à travers lesquelles Mona scrutait maintenant la plage…