samedi 28 octobre 2017

Le soir d'une punition - Episode 9

« Mademoiselle, j’attends ce moment depuis trop longtemps.
Comme un petit chaperon rouge, vous êtes venue à moi comme on franchit la lisière d’un bois avant de s’enfoncer dans la forêt dense et fraiche.
Vous voilà funambule, entre envie et appréhension, sur le chemin raisonnablement déraisonnable qui mène à votre propre rencontre.
C'est un plaisir doux de donner vie à certaines de nos facettes, gouter la saveur de ce lâcher prise et accepter cette part obscure qui nous forge.
C’est aussi un vertige.
Mais, si nous frappons chaque seconde de ce voyage avec le sceau de l'envie et du plaisir partagés, c’est un bonheur intense que nous trouverons à chacune de ses étapes.

Mademoiselle, on dit qu’on punit comme on aime et que lorsque les vilaines qui désobéissent ne sont pas punies en retour, elles ne se sentent pas aimées.
Alors je vais vous montrer combien je tiens à vous et à cette relation que nous allons tisser ensemble avec le fil du désir.
Si vous êtes là ce soir, c’est parce que je vais vous corriger pour m’avoir désobéi sur la plage, en dérogeant à mes instructions.

Ma demande était légère certes mais certaines légèretés doivent être traitées avec le plus grand sérieux et la plus grande sincérité.
Si vous acceptez nos jeux qui n’en sont pas, il faudra vous y habituer.
Quand je vous donne des consignes, je tiens à ce que votre Obéissance s’en fasse l’écho. A chaque fois que vous dérogerez à mes instructions, vous serez rappelée à l’ordre avec une aimante sévérité.
C’est un principe fondateur avec lequel je définirai des règles à venir.

Cependant vous avez encore le choix.
Soit vous prenez vos affaires et disparaissez pour toujours, soit vous restez.
Si vous restez, vous prendrez le bandeau noir qui est posé sur la table, vous irez au centre de la pièce avant de le placer sur vos yeux et vous me ferez signe pour que je vous rejoigne en disant : je suis prête Monsieur.

Mais je crois que vous avez déjà fait votre choix… »

*
En apercevant le martinet qui était posé à côté du bandeau, Mona sentit son bas ventre se contracter alors que le sang battait ses tempes au rythme de son cœur qui s’accélérait.
Elle chercha de l’air en gonflant ses poumons comme pour retrouver cette légèreté qui l’avait accompagnée jusqu’ici,  puis elle alla chercher le bandeau en prenant soin de ne pas toucher le martinet. Elle se mit à sa place en contraignant ses yeux et jeta enfin dans le silence les mots qu’elle redoutait...

Je suis prête Monsieur !




mercredi 11 octobre 2017

Le soir d'une punition - Episode 8

Mona était là, dans le séjour, silencieuse.
J’étais dans ma chambre, debout, adossé au mur près de la porte que j’avais laissée entre-ouverte afin d'épier le moindre son et y percevoir ce qu’elle faisait.
J’avais aimé observer cette femme s’avancer dans le jardin vers la punition qu’on lui avait promise.
En se fermant, la porte avait sonné les trois coups de la pièce que nous allions écrire ensemble. Ses pas dans l’escalier semblaient hésitants et elle avait marqué une pause en arrivant dans le séjour.
J’ai pensé qu’elle prenait une grande inspiration en même temps qu’elle découvrait le théâtre de sa punition à venir. Il me semble qu’elle posa ensuite ses affaires sur le canapé avant de saisir la lettre que j’avais laissée sur la chaise.

J’avais passé le début de la soirée à parfaire notre rendez-vous. En passant à la superette près de la gare j’avais acheté du mixa-bébé, du chocolat et une boite de préservatifs.
***
Le sexe n’est pas un « passage obligé » pour moi. Prendre le contrôle des fantasmes secrets de l’aventurière qui vient à ma rencontre m’est un plaisir intense dont je sais me satisfaire sans y ajouter l’acte sexuel.
Obtenir qu’elle lâche prise nécessite d’en découvrir le chemin et j’ai le goût de cette exploration ; d’abord prendre le temps de débusquer en elle le désir, en suggérant les images de ce qui pourrait hanter ses nuits onaniques. Puis, percevoir dans le contraste de ses réactions ce qui la déstabilise et la trouble. Alors seulement, si on aime cette femme au plus près de ce qu’elle nous dévoile, si elle le sent autant qu’elle se sent comprise et acceptée pour ce qu’elle est et ce qu'elle aime, alors elle nous ouvre les portes, parce que l’envie est sourde à la raison quand on la déchaine. 
J’aimais trouver la clé de cette envie.
Le sexe n’est pas un « passage obligé » mais voilà, parfois l’aventurière en me dévoilant son âme et son corps, me place sous son emprise et c’est l’arroseur qui est arrosé. J’ai beau résister, c’est une envie bestiale qui me convoque et rend solubles mes manières d’homme.
Et, parce qu’il n’y a pas d’autre apaisement que de posséder cette femme jusqu'au plus profond de son sexe, parce qu’il faut qu’elle m’y invite en ressentant aussi cette urgence, je patiente en attendant qu’elle me libère.

Je pressentais que Mona allait me ramener à ma condition animale. Elle me dévoilerait son goût pour la contrainte et l’Obéissance, je lui montrerai avec une douce fermeté le chemin du lâcher-prise jusqu’au moment où, sous dépendance, je n’aurai d’autre issue que celle de fusionner en elle et de me soumettre à ce qu’elle aura déchainé en moi.
***
En rentrant j’avais épuré le séjour en le débarrassant de tout ce qui le traverse au quotidien, l’ambiance était chaleureuse et la mer n’était pas loin. What else. J’avais posé en évidence sur la table Cinglant, un martinet noir dont les dix lanières savaient se montrer sévères quand il le fallait. J’espérais qu’elle le verrait en arrivant.

Ensuite, j'étais resté longuement sous une douche brulante pour me délasser en écoutant une playlist.
Une fois séché, J’avais passé un ensemble noir composé d’un kilt, d’une chemise et d’un gilet. En plus de faire son petit effet, cette tenue avait de nombreux avantages…
Le moment venu, je rejoignais ma chambre pour veiller son arrivée.

Maintenant, Mona était là, encore plongée dans la lecture des consignes laissées sur la chaise…


samedi 7 octobre 2017

Balade au bord de l'eau - Episode 7

Comme il lui avait indiquait, un texto précisa les consignes complémentaires pour le rendez-vous du soir.
Elle connaissait le quartier. Elle en fréquentait régulièrement la plage de sable, le week-end ou parfois entre midi et deux.
Quand il lui avait donné l’adresse, elle réalisa que l’extérieur de la villa de bord de mer où ils se retrouveraient le soir ne lui était pas étranger. Elle passait souvent devant cette maison. Etait-ce un signe ?
Le texto disait :
« Mademoiselle, ne sonnez pas ! La porte sera ouverte, poussez là. Prenez l’escalier, il vous mènera dans une jolie pièce avec une vue sur la mer. Il y aura une enveloppe sur une chaise. Vous saurez quoi en faire. Tenue accessible de rigueur ! Soyez à l’heure »

La pression venait de monter d’un cran. Elle avait peur mais c’était excitant. Que risquait-elle ?
Elle appela Emilie, son amie d’enfance, pour évoquer ce qu’elle s’apprêtait à faire et lui dire où elle allait. Emilie était sa confidente, elles se retrouvaient régulièrement en ville pour déjeuner ou prendre un café. Forcément, Emilie connaissait tout de la piquante relation épistolaire que Mona entretenait depuis des mois. De plus le tempérament fonceur de cette commerciale reconnue, ne fit que conforter Mona dans le choix de cette petite folie qu’elle s’apprêtait à commettre avec ce quasi inconnu. L’échange se conclue par un : « vas-y, fonce, si demain j’ai pas de nouvelle, je lui envoie le RAID ! ». Elle raccrochera et finit de se préparer.

Le soir, quand elle passa le grand portail ouvert de la maison en direction de la porte d’entrée, la nuit allait bientôt tomber et le jardin était déjà éclairé. Elle ouvrit à peine la porte et se faufila par l’ouverture avant de la refermer rapidement, comme si elle avait peur d’être vue. L’intérieur était meublé dans un style contemporain et épuré, le blanc dominait, seuls le hall et l’étage étaient éclairés.
Lentement elle monta l’escalier qui menait à un grand grand salon dont tout un mur était vitré et donnait sur la mer avec une vue panoramique. Le blanc dominait toujours, un éclairage indirect et doux rendait la pièce chaleureuse.
Elle réalisa que ces mains étaient jointes et que toute son allure était empruntée. Sa bouche était sèche. « Mais qu’est-ce que tu es en train de faire, ma pauvre fille » se dit-elle avec un brin d’autodérision.
La chaise dont il avait parlée était au centre de la pièce avec, sur son siège, une enveloppe sur laquelle était inscrit son prénom.
Elle l’ouvrit pour la lire.