Elle est allongée, le corps totalement immergé dans la clandestinité d’une eau laiteuse et de sa mousse opaque.
Seuls sa tête et ses cheveux indisciplinés sont visibles dans l’ivoire d’une baignoire.
Nue dans cette masse blanche, elle est à quelques centimètres de cet homme, assis sur une chaise, un verre de vin à la main.
Elle ne distingue pas son visage inconnu, mais juste son sourire dans le halo de lumière d'une bougie posée sur le sol.
Cet homme est entré dans l’intimité de cette salle d’O pour lui livrer ses exigences :
Elle garderait la maitrise de tout son corps à l’exception de sa main droite qui obéirait à sa voix à lui.
Elle n’aurait aucun mouvement qui puisse déformer la surface blanche du liquide ou elle est plongée.
Si jamais, il apercevait la moindre vibration de la surface aqueuse ou de sa mousse, il vidangerait la baignoire en observant le niveau de l’eau descendre et dévoiler la nudité de ce corps pris au piège dans une prison d’émail.
Ensuite, il utiliserait l’objet de cuir, posé sur le sol, afin de la punir pour ne pas avoir suivi la règle qu’ils avaient définie.
Alors, maintenant, cet homme dicte calmement sa volonté à cette main docilement obéissante.
Elle, elle se concentre sur son souffle, ajuste ses mouvements pour ne pas troubler l’immobilité du bain.
Sa main ‘domestiquée’ visite l’intérieur de ses cuisses, la douceur de son pubis, convoite le sexe offert dont elle se rapproche lentement, manipulée par les impératifs que murmure la voix ferme et douce.
Son index fouille sa ‘faille’ et creuse son sillon pendant qu'elle tente de maintenir, sur son visage et dans sa respiration, un calme en harmonie avec la masse d'eau qui dort.
La voix exige que l’index inspecte le clitoris, évalue ses contours et sa turgescence.
Le contraste s’amplifie entre cette indécente fouille sous-marine et le calme apparent à la surface.
La surface de l'eau est une frontière entre deux univers en distorsion, comme sa bouche alors qu'elle se mord les lèvres.
L’homme observe, il s’amuse de "sa" main mise entre ces cuisses.
Il attend le moment inéluctable ou la surface de l’eau va se rompre, révélant un mouvement sous marin d’amplitude.
Elle sent l’imminence d’une secousse sismique alors que sa main en sonde l’épicentre, son souffle est perceptible, ses yeux sont bavards, son visage s’exprime en silence.
Elle fait un ultime effort mais fatalement... elle implose avec un petit cri.
Alors.... la surface du bain se déchire d’un petit mascaret, annonciateur de la punition à venir.

