lundi 10 juillet 2017

Balade au bord de l'eau - Episode 2

Je venais de finir mon petit déjeuner, un peu tardivement et j’étais en retard.
Je m’étais levé à 9h15 au lieu des 7h45 habituels.
J’avais pris l’habitude de me lever sans réveil depuis deux ans. Le corps sécrète une hormone naturelle appelée corticotrope, qui permet à l’organisme de se réveiller tout seul.
Ma corticotrope s’était sans doute fait la malle dans la nuit pendant que je discutais sur skype avec une Mona chancelante à mesure que fondaient les heures qui la séparaient de notre rendez-vous du lendemain.
On s’était quitté vers deux heures du matin, quand je l’avais fermement encouragé à aller dormir.
Elle était allée au lit, avait-elle facilement fermé l’œil ?
En ce qui me concerne, je m’étais absenté du monde sitôt la lumière éteinte.

Ce matin, je devais mettre un terme à la rédaction de l’appel d’offre pour le gros œuvre d’une villa moderne à Annecy. Mais je n’avais franchement pas la tête à ça.

Etre mené par son entrejambe et sa libido, à mon âge et dans ma situation, relevait des grands mystères de ma vie. Sophocle disait que posséder un pénis revenait à être enchainé à un fou !
J’avais depuis longtemps capitulé devant cette fatalité et cet impératif reptilien qui me gouvernait jusque dans des circonstances où il m’aurait fallu être moins faible.

Le rendez-vous de 15h avec Mona occupait tout mon esprit. Le fou de Sophocle hurlait.
La mer était calme, l’eau était clair. Nager me ferait le plus grand bien.
Le chantier d’Annecy allait prendre sa première journée de retard.

A 14h45, je quittais la maison en direction de la plage où elle m’attendait déjà.
Elle était en avance, j’avais reçu un texto : « croupe inquiète en place, il y a du monde. J’ai gardé un chapeau de paille avec un ruban rose »
J’avais simplement répondu : « vous êtes en avance, profitez-en pour vous rafraichir et regagner votre serviette à 15h »

A 15h, j’étais sur la plage à cinquante mètres du chapeau de paille au ruban rose.
Elle regardait dans l’autre direction, allongée sur le ventre comme je lui avais demandé.
Je pris le temps de m’installer.
Un rapide tour d’horizon m’apprit que la cambrure de Mona ne laissait pas indifférents certains regards qu’elle avait pris au piège.
En avait-elle conscience ?

Sur le ventre, le regard faussement à l’abri derrière des lunettes de soleil, je composais son numéro, comme on tape les trois coups, dans ce théâtre indécent où les regards feignent de ne pas voir la pièce qui s’y joue….  

2 commentaires:

  1. what what watt wtf?! Annecy et je n'ai pas eu vent de vous. Vous méritez de vous faire manger tout crû par les poissons du lac!

    Jolie région non? ;)

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  2. La prochaine fois, prévoyez votre casque de chantier ! ;)

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